Apathie vs Anhédonie : La différence entre « Je ne peux pas » et « Je ne veux pas »
January 30, 2026 | By Corina Valerio
Vivre l'apathie contre l'anhédonie peut ressembler au fait de fixer un écran pendant des heures, non par intérêt, mais parce que vous n'arrivez simplement pas à trouver l'énergie de faire autre chose. C'est un état de « vide » déroutant, souvent effrayant. Vous pourriez vous demander si vous êtes simplement paresseux, ou si vos émotions se sont en quelque sorte éteintes. Cette zone grise émotionnelle renvoie souvent à deux concepts psychologiques distincts qui nécessitent des approches différentes.
Bien qu'ils semblent souvent identiques de l'extérieur — rester sur le canapé, s'éloigner des amis, ignorer les loisirs —, les mécanismes internes diffèrent. L'un est un manque de motivation (l'envie d'agir), tandis que l'autre est un manque de plaisir (la capacité à apprécier). Comprendre cette distinction est la première étape pour la gérer. Dans ce guide, nous allons décortiquer la science du « vouloir vs aimer », fournir une liste de vérification et vous aider à commencer votre parcours de test d'anhédonie pour comprendre ce que vous ressentez.

Quelle est la principale différence entre l'apathie et l'anhédonie ?
Au cœur du débat entre apathie et anhédonie se trouve la distinction entre l'anticipation d'une récompense et la jouissance de cette récompense. Les psychologues et les neuroscientifiques évoquent souvent cela comme le cadre « Vouloir vs Aimer ». Bien que ces circuits cérébraux soient connectés, ils fonctionnent indépendamment. Vous pouvez vouloir quelque chose sans l'aimer, et vous pouvez aimer quelque chose sans avoir l'envie de l'obtenir.
Définir l'apathie : Le combat du « vouloir » (déficit de motivation)
L'apathie est principalement un déficit de motivation et de comportement orienté vers un but. C'est le sentiment de « Je n'en ai pas assez envie pour essayer ».
Lorsque vous ressentez de l'apathie, le système de récompense du cerveau ne génère pas l'étincelle de l'anticipation. Vous savez peut-être intellectuellement qu'aller marcher est bon pour vous, mais vous ne ressentez aucune envie de mettre vos chaussures. L'effort nécessaire pour initier une action semble écrasant comparé au bénéfice potentiel. Ce n'est pas que vous êtes triste ; c'est que vous êtes indifférent. Vous êtes bloqué au point mort, incapable de passer à la vitesse supérieure.
Définir l'anhédonie : Le combat du « aimer » (déficit de plaisir)
L'anhédonie, en revanche, est un déficit de plaisir. C'est le sentiment de « Je l'ai fait, mais cela n'avait pas d'importance ».
Dans cet état, vous pourriez en fait trouver la volonté d'aller à une fête ou de manger votre plat préféré. Cependant, une fois sur place, le feedback émotionnel positif est absent. La nourriture a un goût de carton ; la musique n'est que du bruit ; la conversation semble creuse. La « récompense » que vous tiriez autrefois de ces activités a disparu. Si l'apathie est un manque d'essence dans le réservoir, l'anhédonie est un moteur qui tourne mais n'avance pas.
Différences clés en un clin d'œil (tableau comparatif)
Pour vous aider à clarifier ce que vous pourriez vivre, voici une comparaison directe de la façon dont ces deux symptômes se manifestent dans le comportement et l'expérience émotionnelle.
| Caractéristique | Apathie (Le problème du « Vouloir ») | Anhédonie (Le problème du « Aimer ») |
|---|---|---|
| Déficit principal | Manque de motivation ou d'initiative. | Manque de plaisir ou de satisfaction. |
| Monologue interne | « Pourquoi se donner la peine ? C'est trop d'effort. » | « Je ne ressens rien même quand je fais ça. » |
| Réaction à une invitation | Vous refusez parce que l'effort pour y aller semble trop élevé. | Vous pourriez y aller, mais vous vous sentez vide ou ennuyé une fois sur place. |
| Ton émotionnel | Indifférence, platitude, « blasé ». | Engourdissement, vide, déconnexion. |
| Question clé | Manquez-vous l'envie de commencer ? | Manquez-vous la joie une fois terminé ? |
Exemples concrets : Scénarios sociaux et fonctionnement quotidien
Les définitions abstraites sont utiles, mais voir l'apathie contre l'anhédonie dans des contextes réels apporte de la clarté. Ces symptômes s'immiscent souvent dans nos relations et notre capacité à prendre soin de nous.
Scénario 1 : Réunions sociales (Refuser l'invitation vs Ne pas profiter de la fête)
Imaginez que votre meilleur ami vous invite à un dîner d'anniversaire.
Si vous êtes confronté à l'apathie, le processus de prendre une douche, de s'habiller et de conduire jusqu'à là semble épuisant. Vous répondez probablement par un message : « Je suis trop fatigué », et restez à la maison. Vous ne vous sentez pas nécessairement triste de manquer ça ; vous vous sentez surtout soulagé de ne pas avoir à dépenser d'énergie.
Si vous êtes confronté à l'anhédonie, vous pourriez vous forcer à y aller parce que vous savez que vous devriez. Vous vous asseyez à table, mangez le gâteau et souriez quand tout le monde rit. Mais à l'intérieur, vous vous sentez comme un observateur derrière une vitre. Vous ne ressentez pas la chaleur de la connexion ni le goût du sucre. Vous pourriez partir en pensant : « C'était une perte de temps », car la récompense émotionnelle n'est jamais arrivée.

Scénario 2 : Tâches ménagères et hygiène (Ne pas pouvoir commencer vs S'en moquer)
Ces difficultés apparaissent aussi dans les moments privés, comme l'hygiène personnelle.
- Apathie : Vous restez assis sur le bord du lit pendant 45 minutes en ayant besoin de prendre une douche. Vous savez que vous devez le faire, mais les étapes (vous lever, ouvrir l'eau, vous déshabiller) semblent comme gravir une montagne. C'est un échec d'exécution.
- Anhédonie : Vous prenez la douche, mais l'eau chaude semble purement fonctionnelle. Vous n'avez aucun sentiment de rafraîchissement ou de soulagement après. Vous faites la tâche, mais comme il n'y a pas de renforcement positif (ce sentiment d'être « propre et frais »), votre cerveau cesse de renforcer l'habitude, rendant plus difficile de le faire la prochaine fois.
Apathie, Anhédonie et Avolition : Décortiquer les termes
Dans le paysage de la santé mentale, les termes sont souvent utilisés de manière interchangeable, mais la précision est importante. Deux autres concepts — l'avolition et l'émoussement émotionnel — rendent souvent la discussion sur l'apathie contre l'anhédonie confuse.
Où se situe l'avolition ?
L'avolition est souvent considérée comme une forme sévère d'apathie, fréquemment associée à des conditions comme la schizophrénie ou la dépression sévère. Alors que l'apathie est un manque général d'intérêt, l'avolition est une incapacité spécifique à initier et à persister dans un comportement orienté vers un but.
Si l'apathie est « Je ne veux pas », l'avolition est un « Je ne peux pas initier l'action » plus profond. Une personne souffrant d'avolition pourrait rester assise pendant des heures sans bouger, non parce qu'elle se détend, mais parce que le mécanisme interne qui transforme l'intention en action est désactivé.
Est-ce l'émoussement émotionnel ?
Vous pourriez aussi entendre le terme « émoussement émotionnel ». Cela fait référence à une réduction générale de toutes les expressions émotionnelles — à la fois positives et négatives. Si vous avez de l'anhédonie, vous ne pouvez pas ressentir de joie, mais vous pourriez encore ressentir de la tristesse, de la colère ou de l'anxiété. Si vous avez un émoussement émotionnel, même votre tristesse semble étouffée. Vous vous sentez « engourdi » sur toute la ligne. Si cela vous semble familier, vous pourriez vouloir explorer notre test d'anhédonie en ligne pour mieux comprendre les nuances de votre gamme émotionnelle.
Auto-réflexion : Comment détecter les signes d'anhédonie
Reconnaître ces schémas en soi peut être inconfortable, mais la conscience de soi est le pont vers un mieux-être. Il est utile de faire un rapide check-up pour voir de quel côté de la médaille vous vous situez le plus.
Pourquoi l'auto-réflexion est la première étape
Vous ne pouvez pas gérer ce que vous ne définissez pas. Identifier si vous luttez avec l'initiation (apathie) ou la jouissance (anhédonie) vous permet de choisir les bons outils d'adaptation. Par exemple, vous pousser à « juste le faire » fonctionne mieux pour l'apathie que pour l'anhédonie.
Une rapide checklist « Est-ce que ça me ressemble ? »
Lisez les affirmations suivantes. Quel groupe raisonne le plus avec vous ?
Groupe A (Signes d'apathie/perte de motivation) :
- Je dois me forcer à faire même de petites tâches comme me brosser les dents.
- Je passe beaucoup de temps à « décrocher » plutôt qu'à pratiquer mes loisirs.
- Je me moque du résultat de mon travail ou de mes projets.
- Je me sens bien à ne rien faire pendant de longues périodes.
Groupe B (Signes d'anhédonie/perte de plaisir) :
- Je pratique mes loisirs, mais ils semblent maintenant être du travail.
- La nourriture, la musique ou le sexe ne procurent plus autant de plaisir qu'avant.
- Je me sens déconnecté de mes amis même quand je suis avec eux.
- Je simule des sourires pour que les gens ne demandent pas ce qui ne va pas.

Utiliser l'échelle SHAPS pour obtenir des insights
Si vous avez coché plusieurs cases dans le groupe B, vous pourriez bénéficier d'un dépistage plus structuré. Les psychologues utilisent souvent des outils comme l'échelle SHAPS (Échelle de Plaisir de Snaith-Hamilton) pour mesurer la capacité à ressentir du plaisir dans des scénarios spécifiques.
Utiliser un outil de dépistage validé peut vous fournir un score de « référence ». Ce n'est pas un diagnostic médical, mais c'est une façon puissante de visualiser ce que vous traversez. Vous pouvez vérifier vos traits avec ce test d'anhédonie pour voir où vous vous situez sur le spectre.
Peut-on éprouver les deux symptômes en même temps ?
Oui, absolument. En fait, c'est très courant.
Le chevauchement dans la dépression clinique
L'apathie et l'anhédonie sont tous deux des symptômes centraux du Trouble Dépressif Majeur (TDM). Lorsqu'ils se combinent, ils créent un cercle vicieux. Parce que vous ne ressentez pas de plaisir (anhédonie), votre cerveau cesse de prédire les récompenses, ce qui tue votre motivation (apathie). Cela mène à l'inactivité, réduisant davantage les opportunités de plaisir.
Comprendre l'expérience « mixte »
Vous pourriez avoir des jours où vous êtes purement apathique, et d'autres jours où vous essayez des choses mais vous sentez vide. Cette expérience « mixte » est épuisante. Reconnaître que vous vous battez sur deux fronts est important pour l'auto-compassion. Vous ne combattez pas simplement la paresse ; vous combattez une perturbation des circuits de récompense de votre cerveau.
Étapes pratiques pour gérer la motivation et le plaisir
Gérer l'apathie vs l'anhédonie demande des stratégies différentes. Ce qui fonctionne pour l'un peut ne pas fonctionner pour l'autre.

Pour l'apathie : Techniques d'activation comportementale
Puisque l'apathie est une défaillance du « démarreur », vous ne pouvez pas attendre d'avoir envie de faire quelque chose. Vous devez utiliser « l'Activation Comportementale ».
- La règle des 5 minutes : Engagez-vous à faire une tâche pendant seulement cinq minutes. Généralement, la partie la plus difficile est les premières 60 secondes.
- Réduire la friction : Si vous voulez courir, dormez dans vos vêtements de sport. Si vous voulez dessiner, laissez le carnet de croquis ouvert sur la table. Faites en sorte que l'action désirée soit le chemin de la moindre résistance.
- Responsabilité externe : Le « body doubling » (travailler aux côtés de quelqu'un d'autre) contourne le besoin de motivation interne.
Pour l'anhédonie : L'art de « savourer »
Insister ne résout pas l'anhédonie ; cela mène simplement à l'épuisement. Concentrez-vous plutôt sur le « Savourer ».
- Concentration sensorielle : Quand vous buvez du café, fermez les yeux. Concentrez-vous à 100 % sur la chaleur et l'odeur. Essayez d'amplifier l'expérience sensorielle.
- Diminuer les attentes : N'allez pas voir un film en espérant être enthousiasmé. Allez avec l'objectif de remarquer trois détails. Supprimer la pression de « devoir être heureux » peut paradoxalement laisser de la place au plaisir.
- Réminiscence : Regardez de vieilles photos de moments heureux. La recherche suggère que se souvenir de plaisirs passés peut parfois relancer les voies neuronales du plaisir actuel.
Résumé et quand chercher du soutien
Comprendre la nuance entre apathie et anhédonie vous aide à arrêter de vous blâmer. L'apathie est l'incapacité de « vouloir », et l'anhédonie est l'incapacité d'« aimer ». Les deux sont des réponses biologiques valides au stress, à l'épuisement ou à des problèmes de santé mentale.
- Apathie : Concentrez-vous sur de petites étapes et réduisez la friction.
- Anhédonie : Concentrez-vous sur les expériences sensorielles et la patience.
- Avolition : Concentrez-vous sur la routine et le fonctionnement de base.
Si ces sentiments persistent plus de deux semaines, affectent votre capacité à travailler ou mènent à des pensées d'automutilation, veuillez demander un soutien professionnel. Un thérapeute peut aider à démêler ces fils. Pour ceux qui explorent encore leurs symptômes, lire notre guide complet sur l'anhédonie ou faire une évaluation peut être une prochaine étape utile à partager avec un professionnel.
Questions fréquemment posées
Qu'est-ce qui est considéré plus grave : l'apathie ou l'anhédonie ?
Aucun n'est intrinsèquement « plus grave », mais ils impactent la vie différemment. L'apathie peut être plus invalidante concernant l'emploi et l'hygiène car les tâches ne sont simplement pas faites. L'anhédonie est souvent plus émotionnellement pénible car la personne est consciente de la joie qui lui manque, ce qui peut conduire à un désespoir plus profond.
L'apathie n'est-elle que de la paresse ?
Non. La paresse est habituellement un choix — vous choisissez de privilégier les loisirs au travail. L'apathie est involontaire ; vous pourriez vouloir avoir la motivation, mais vous ne pouvez pas la trouver. La détresse que vous ressentez face à votre manque d'action est un signe clé que ce n'est pas de la paresse.
L'anhédonie est-elle permanente ?
Rarement. L'anhédonie est typiquement un symptôme d'un problème sous-jacent (comme une dépression, du stress ou des effets secondaires de médicaments). Lorsque la cause sous-jacente est traitée, la capacité à ressentir du plaisir revient généralement, même si cela peut être graduel.
Les effets secondaires des médicaments peuvent-ils causer de l'apathie ?
Oui. Certains antidépresseurs, particulièrement les ISRS, peuvent causer un « émoussement émotionnel » ou de l'apathie comme effet secondaire. Si vous remarquez que vous vous sentez moins anxieux mais aussi moins motivé après avoir commencé un médicament, parlez-en à votre médecin. Ne cessez pas le médicament brusquement.
Comment l'expliquer à mon médecin ?
Soyez précis en utilisant les termes que vous avez appris. Au lieu de dire « Je suis déprimé », dites « Je n'ai aucune motivation pour commencer les tâches (apathie) » ou « Je fais des choses mais sans ressentir de joie (anhédonie) ». Cela aide à adapter efficacement votre plan de traitement.